1- Rencontre.

Publié le par Pierre-Louis Daviken

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Une rémige bleue plane au-dessus de l'océan. Elle rencontre un goéland qui s'appelle Jonathan.
L'oiseau se demande où va cette plume et d'où elle vient. Un petit vent souffle au devant d'eux pour leur annoncer une grosse tempête.

 

Un frôlement d'aile la fit virevolter. Un oiseau blanc la dépassa.
— Belle plume ? Que fais-tu là, si haut dans le ciel ?
— Quelle histoire ! Mais quelle histoire !
Elle ne semblait pas l’avoir entendu. Intrigué, il cabra les ailes pour voler à ses côtés.
— De qui, de quoi parles-tu ?
— Je suis sa bonne peut-être ? Je vais tout lui souffler peut-être ?
Qui donc pouvait mettre une si jolie plume de si mauvaise humeur ?
— Puis-je t'aider ? insista l’oiseau.
Mais la belle semblait perdue dans ses pensées. Mieux valait la suivre en la laissant filer un temps dans l'azur. Quelqu’un avait dû la froisser.
— Qui es-tu ? demanda-t-elle enfin.
— Je suis un goéland. Je m'appelle Jonathan.
— Et moi Bleuette, la rémige bleue.
Magnifique plume de bleu nacré, songea-t-il. Un peu désinvolte, mais jolie. Ses barbules sont bien alignées, sa lame n'est pas froissée.
— Jonathan, quel charmant prénom, sembla-t-elle s’intéresser.
— C'est très en vogue chez les goélands.
— Oui je sais. Un prénom d’artiste.
Jonathan se rengorgea. Il n’avait pas affaire à une ignare, mais à une plume de lettres sans aucun doute, une plume d’auteur peut-être, elle connaissait ses classiques.
— Es-tu perdue ?
— Je voulais que le vent me pousse vers d’autres horizons, éluda-t-elle.
— D’où viens-tu ? Comment as-tu réussi à voler jusqu’ici ?
— Et toi ?
— Moi, je suis un oiseau, ce n’est pas pareil.
Cette réflexion piqua l’élégante, peu disposée à se confier au premier venu. Elle s’éleva brusquement.
— Attends-moi !
— Tu es un oiseau ! Viens donc me rejoindre !
Un battement d'ailes et ce fût fait.
— Voilà qui est divertissant, s'amusa-t-elle.
Bleuette gonfla ses barbicelles, l'air chaud la souleva comme une aigrette de pissenlit.
— Attends-moi !
— Rattrape-moi !
Deux battements d'ailes et ce fut fait.
— Ainsi ne suis-je qu'une plume ? rit-elle avant de fuser aussi vite qu’une bulle pétillante.
Jonathan se rapprocha en trois lourds claquements, le cou plié du vassal aux pieds de sa suzeraine.
— Sens-moi cette ascendance, enfla la prétentieuse.
Elle lui faisait penser à un flocon de neige égaré suspendu au bleu du ciel.
— Alors ? se moqua-t-elle.
— C'est cela. Nargue-moi.
— Tu n'es qu'un oiseau, conviens-tu ?
— Veux-tu descendre ? S’il te plaît.
Une légère brise vint troubler leur parade. Le vent venait de se lever.
 

Publié dans Extraits

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Rebecca G. 20/06/2016 23:01

Magnifique! Très joli, très poétique et d'un humour piquant! Bravo. Ca commence très bien...

Pierre-Louis Daviken 22/06/2016 09:53

J'espère que ce premier chapitre accrochera suffisamment le (futur) lecteur.
Merci Rebecca.